Chapitre III : Reconnaissance d’enfant et mariage contracté à seule fin d’obtenir ou de faire obtenir un titre de séjour ou la nationalité française.

Chapitre III : Reconnaissance d’enfant et mariage contracté à seule fin d’obtenir ou de faire obtenir un titre de séjour ou la nationalité française. Article L623-1 En savoir plus sur cet...

Chapitre III : Reconnaissance d’enfant et mariage contracté à seule fin d’obtenir ou de faire obtenir un titre de séjour ou la nationalité française.

Article L623-1 En savoir plus sur cet article…

Modifié par LOI n°2011-672 du 16 juin 2011 – art. 33

Le fait de contracter un mariage ou de reconnaître un enfant aux seules fins d’obtenir, ou de faire obtenir, un titre de séjour ou le bénéfice d’une protection contre l’éloignement, ou aux seules fins d’acquérir, ou de faire acquérir, la nationalité française est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 15 000 Euros d’amende. Ces peines sont également encourues lorsque l’étranger qui a contracté mariage a dissimulé ses intentions à son conjoint.

Ces mêmes peines sont applicables en cas d’organisation ou de tentative d’organisation d’un mariage ou d’une reconnaissance d’enfant aux mêmes fins.

Elles sont portées à dix ans d’emprisonnement et à 750 000 Euros d’amende lorsque l’infraction est commise en bande organisée.

  • SUR L ‘ARTICLE 33 :

37. Considérant que l’article 33 complète le premier alinéa de l’article L. 6231 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile; qu’il précise que sont également encourues « lorsque l’étranger qui a contracté mariage a dissimulé ses intentions à son conjoint » les peines de cinq ans d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende, qui punissent le fait de contracter un mariage ou de reconnaître un enfant aux seules fins d’obtenir, ou de faire obtenir, un titre de séjour ou le bénéfice d’une protection contre l’éloignement, aux seules fins d’acquérir, ou de faire acquérir, la nationalité français.

38. Considérant que, selon les requérants, ces dispositions instituent une différence de traitement inconstitutionnelle entre les Français et les étrangers ;

39. Considérant qu’aux termes de l’article 6 de la Déclaration de 1789, la loi «  doit être la même pour tous , soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse « ; que le principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général, pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit;

40. Considérant qu’en adoptant les dispositions précitées, le législateur s’est borné à rappeler qu’est réprimé le fait pour l’étranger d’avoir dissimulé à son conjoint de bonne foi sa volonté de ne contracter un mariage que dans le but d’obtenir un titre de séjour ou le bénéfice d’une protection contre l’éloignement ou d’acquérir la nationalité française; qu’il n’a institué aucune différence de traitement : que, dès lors, le grief tiré de la méconnaissance du principe d’égalité doit être rejeté; que l’article 33 n’est pas contraire à la Constitution;